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Un peu plus de détails…

J’avais évoqué dans ma note précédente que j’avais rencontré des soucis de santé en 2016, ce qui a eu un impact sur mon travail et mon moral. Je me sens aujourd’hui capable d’en parler un peu plus en détail et révéler que ma fatigue n’était autre qu’un burn out.

 

Pour faire simple, j’étais sous un stresse constant lié à mon travail, ce qui ralentissait progressivement ma productivité. Pour rattraper les retards occasionnés, je m’accordais de moins en moins de pauses, et sans m’en rendre compte, j’aggravais mon état de santé car je ne me reposais pas assez, voire pas du tout. Je devenais donc de plus en plus lente avec des délais qui me paraissaient de plus en plus impossibles à tenir.

Dessiner énergiquement pendant 5 minutes signifiait m’écrouler de fatigue les quatre heures suivantes. Les jours où je me pensais rétablie je m’acharnais à dessiner avec la mauvaise surprise des quatre jours suivants affalée dans le lit, incapable de faire quoi que ce soit de constructif. Réaliser un dessin, même très simpliste, en une journée, c’était devenu me demander de rester en apnée pendant une heure. Le moindre petit truc à la con me demandait une énergie énorme et me rendait inactive les heures suivantes. Pire encore, je m’accusais, avec la peur au ventre, de devenir fainéante. Et ce même après des tests sanguins qui ne révélèrent aucune carence, je me suis auto-convaincue que c’était moi qui exagérais et n’ai fait qu’empirer encore mon état.

Quand le diagnostic chez un psychologue tomba, le nécessaire fut pris pour que je puisse me rétablir. En l’occurence cesser de travailler et sortir du contrat d’édition signé chez Dargaud.

 

Toutefois, un burn out, ça se guérit avec du temps, BEAUCOUP de temps. Je pense que dans mon cas, il m’aura fallu un peu moins d’une année pour m’en remettre. Depuis début mai, suite à une rencontre avec Cosey qui m’a beaucoup remotivée, je constate que j’arrive à nouveau dessiner de manière efficace sans que ça ne traîne pendant des mois et des mois. Mon optimisme veut me faire croire que je suis à nouveau opérationnelle, mais j’avoue que par prudence, je reste un peu sceptique. Je vais certes beaucoup mieux, mais je garde en tête que mon énergie est précieuse et que je ne peux la gaspiller à tout va pour n’importe quoi ou n’importe qui.

Pendant cette longue période de rétablissement, il y a eu des moments de crise où je voulais simplement bazarder tous mes comptes sur les réseaux sociaux ou plus concrètement, il m’est arrivé d’hacher dans mes contacts facebook. Une longue période qui m’aura aussi fait réfléchir et conclure que je n’avais plus envie de travailler pour les autres. Constater que mes projets traînaient encore et toujours derrière moi me frustrait et n’avoir jamais une seule page BD finie, la dèche absolue. Pour cause, je visualise avec plaisir le potentiel d’un projet, comment le concrétiser et aider son propriétaire à atteindre ses objectifs. Bien que j’ai acquis de l’expérience à travers mes différents mandats ainsi que des bons contacts, je dois me rappeler que si j’ai appris à dessiner et à écrire, c’est avant tout pour mettre en image mes propres projets. Cependant, envers moi-même, je ne suis gère douée. Par exemple, j’avais annoncé sur facebook ma volonté de monter un recueil de dessins dans l’idée que ça m’aidera à aller de l’avant. Cependant, si je veux vraiment réaliser mes bandes dessinées, je ne dois pas me perdre avec des projets annexes, même si ce sont les miens. Du coup, je ne sais pas si je vais poursuivre cette idée même si je l’aime bien et que j’ai commencé sa maquette.

 

Donc voilà, il est temps que je me dise que j’ai tous les outils en main MAINTENANT pour concrétiser ce qui me tient vraiment à coeur.

Donc voilà, depuis peu, j’ai l’impression que les choses avancent. Oser finaliser les premières pages de STIGMA sera un cap très important pour moi. J’ai repris son dossier éditorial très récemment et si tout se passe bien, non seulement je vais l’envoyer à des éditeurs potentiels, mais aussi je vais pouvoir vous montrer ENFIN ses trois premières planches FINIES.

Donc voilà, tous ces derniers mois depuis 2016, ce n’est pas une période dont je suis fière et il ne tient qu’à moi de ne pas répéter les mêmes erreurs. J’espère vraiment à personne de passer par un burn out et j’encourage à chacun d’oser prendre le temps de se consacrer à ses propres projets.

burn out

Une réponse à “Un peu plus de détails…

  1. Je suis contente d’avoir de tes nouvelles. Et aussi paradoxalement que tu aie déjà fait ton burn-out, avant qu’il ne soit vraiment trop tard et que comme ma mère c’est pas quelques mois, mais plusieurs années d’arrêt qui te soient nécessaires pour te remettre. C’est un dur apprentissage que tu as fait là, mais je suis certaine qu’il te sera utile pour le futur. Pour ne plus te laisser pendre dans son piège. Prend soin de toi et de ton art. Il est trop merveilleux pour être gâché par le stress!

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